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Comment un seul vol a changé ma vision de l’avion pour toujours

A large jetliner flying through a cloudy sky
Note : Ce récit est basé sur une expérience personnelle vécue en 2022. Les photos ont été prises sur le moment, dans un contexte particulier, et reflètent davantage l’instant que la qualité habituelle des contenus publiés sur TravelGuy.

En lisant ce blog, vous vous imaginez sûrement que je suis passionné d’aviation depuis tout petit. Que je n’ai jamais eu peur en voyageant et que j’ai toujours su que je voulais évoluer dans cet univers.
Et pourtant… c’est tout l’inverse.

La transition entre mon ancien moi et celui d’aujourd’hui peut presque faire sourire.
Je m’étais inscrit dans des programmes de fidélité des compagnies aériennes dès que j’en avais l’âge… mais j’avais peur de voler.

À chaque voyage, c’était la même chose. Une boule au ventre à l’idée de monter à bord. Une sensation de malaise dès que je mettais un pied dans l’avion. Je subissais plus le vol que je ne le vivais.

Ces bruits qui me faisaient imaginer le pire

Si vous avez déjà pris l’avion, vous avez sûrement remarqué qu’après le décollage, les moteurs réduisent leur puissance. Ce moment précis me terrifiait.

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Dans ma tête, ce n’était pas normal. Je m’imaginais immédiatement un scénario catastrophique.

Et les turbulences… n’en parlons même pas. J’avais cette peur irrationnelle que l’avion décroche, que quelque chose cède, que l’aile se brise. Peu importe ce que l’on pouvait me dire, que c’était normal, que l’avion était conçu pour ça, je ne voulais rien entendre. J’avais peur.

Plus jeune, j’avais pourtant déjà effectué des vols long-courriers. Mais avec l’innocence de l’enfance, je ne me posais pas toutes ces questions.

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Un vol vers Las Vegas qui m’a fait changer à tout jamais

Je me souviendrai toute ma vie du vol Londres – Las Vegas. C’est précisément à ce moment-là que tout a changé. Que ma vision de l’aviation a basculé… et que mon intérêt pour ce monde est né.

Nous devions partir de Genève, avec une escale à Londres Heathrow avant de rejoindre Las Vegas.
À l’origine, l’escale ne devait durer que quelques heures. Mais à cause d’une annulation, nous sommes arrivés bien plus tôt que prévu. Résultat : neuf heures d’attente à Heathrow.

Imaginez la scène. Neuf heures dans un terminal immense. Neuf heures à attendre avant d’embarquer sur un vol de près de onze heures.

Le temps semblait interminable. Pour rendre l’attente plus supportable, nous avions acheté un accès à un lounge. Mais avec l’affluence, impossible d’y entrer immédiatement. Nous avons donc passé des heures à patienter sur les sièges du terminal.

Une capture d'écran d'un accès à un salon d'un aéroport

Et moi, pendant tout ce temps… je savais qu’un long vol m’attendait.

Pour essayer de me rassurer, je passais des heures sur mon téléphone. Je regardais en boucle des vidéos montrant comment les ailes des avions étaient testées, capables de résister à des conditions extrêmes. J’apprenais à quoi servaient les flaps, les spoilers. Je lisais sur les procédures d’évacuation.

J’essayais de me convaincre que tout irait bien. Que tout était sous contrôle.


Finalement, nous avons pu entrer dans le lounge. Je m’en souviens encore parfaitement.
Je n’ai pris qu’une petite salade et une boisson. Je n’avais ni faim, ni soif.

Je voulais juste… que ce moment passe. Me téléporter directement à destination.

Après une petite heure, l’heure de l’embarquement est enfin arrivée.

En attendant à la porte, je regardais les avions autour de nous.
Et là, j’en vois un. Un avion “à deux étages”, comme je l’appelais encore à l’époque.

Un A380 de British Airways à Londres Heathrow

Rien que de le voir me faisait peur. Je n’arrivais pas à comprendre comment un appareil aussi massif pouvait décoller… et encore moins voler pendant des heures.

Au moment d’embarquer, je remarque un détail. L’avion a deux moteurs sous chaque aile. Et étrangement… ça me rassure. Dans ma tête, c’était simple : même si un moteur tombait en panne, il en resterait trois pour nous maintenir en vol.

Avec le recul, c’est presque naïf. Mais à ce moment-là, c’était suffisant pour me calmer un peu.


Pendant l’embarquement, une annonce attire mon attention. Un agent appelle certains passagers au micro. Il demande à ceux qui ont “quatre S” sur leur carte d’embarquement de se présenter à la porte.

Je ne comprends pas. Quatre S ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Je regarde ma carte. Je cherche désespérément ces lettres, sans vraiment savoir ce que je dois trouver. Encore une chose que je ne maîtrise pas. Encore une source d’inquiétude supplémentaire.


Le vol commence. Décollage. Premier service. Une ambiance calme, stable.

Pas de turbulences. Pour la première fois depuis longtemps… je me détends un peu. J’arrive même à m’endormir pendant une heure.

La vue sur le Groenland depuis un hublot d'avion

Tout semble sous contrôle. J’étais fier de moi.


Jusqu’à notre approche vers Las Vegas. En quelques secondes, tout bascule.

Je vois les hublots s’assombrir. De plus en plus. Puis des flashs. Des éclairs.

L’avion commence à trembler. On traverse un orage. Un vrai.

La tentative d'approche à Las Vegas

La première tentative d’atterrissage commence. Et là… la réalité me rattrape violemment.

L’avion bouge dans tous les sens. Comme s’il chutait par moments de plusieurs mètres.

La cabine tremble. Les gens crient. Je suis paralysé. Terrifié.

Et puis soudain… Les moteurs rugissent à nouveau. L’avion remonte. Nous nous éloignons de la piste.


Le pilote nous informe qu’en raison des turbulences, nous allons devoir tenter une nouvelle approche.

Nous essayons à nouveau. La cabine se fait secouer une deuxième fois. Les gens s’agrippent à leur siège. Certains paniquent.

Une capture d'écran Flightradar24 des tentatives d’atterrissage de l'avion

Je ne vais pas dire que j’étais à l’aise… mais quelque chose avait changé.

Je savais que les ailes ne lâcheraient pas. Je savais qu’elles étaient conçues pour résister à des forces incroyables. Je savais aussi que les turbulences sont souvent ressenties bien plus intensément qu’elles ne le sont réellement.

Tout ça, je l’avais appris quelques heures plus tôt, dans ce lounge à Londres.


Puis une nouvelle annonce tombe. Le pilote nous informe que nous ne pourrons pas atterrir à Las Vegas. Nous allons être déroutés vers Phoenix, un aéroport situé à environ une heure et demie de là.

Et là… tout repart. Le stress. L’angoisse. La peur.

Mais cette fois, ce n’est plus la même peur. Je n’ai pas peur que l’avion tombe. Je n’ai pas peur des turbulences. J’ai peur de la situation.

Une capture d'écran indiquant un déroutage d'un avion

Dans ma tête, tout s’enchaîne. Je sais que notre avion est bien plus grand qu’un appareil moyen-courrier. Je sais qu’il lui faut une piste adaptée, une distance suffisante pour atterrir, des conditions spécifiques.

On ne peut pas se poser n’importe où. Et une question commence à tourner en boucle dans mon esprit : Et si Phoenix n’était pas accessible non plus ?

Je regarde la carte sur l’écran devant moi. Le cœur qui bat. Je calcule, j’imagine, je suppose.

Et surtout… je doute. Est-ce qu’il nous reste assez de carburant après ces tentatives ?
Est-ce qu’on pourra vraiment se poser sans problème ? Autour de moi, certains passagers essaient de me rassurer. Mais dans ma tête, c’est trop tard.

Rationnellement, je savais que tout était prévu. Que l’avion avait embarqué suffisamment de carburant.
Que les pilotes anticipaient ce genre de situation.

Mais malgré ça… je commençais à imaginer des scénarios. Des scénarios que je ne contrôlais pas. Et qui prenaient de plus en plus de place.


Après avoir été rassuré, je parviens peu à peu à me calmer. Nous approchons finalement de Phoenix, sans encombre.

Un immense soulagement. Dans ma tête, une seule idée : ce voyage touche à sa fin. Je vais enfin pouvoir sortir de cet avion.

Mais une fois au sol… rien ne se passe. Nous restons sur le tarmac. 10 minutes. 30 minutes. 1 heure. Puis 2 heures. Deux heures enfermés dans cette cabine, après tout ce que nous venions de vivre.

L’air est lourd. Le silence s’installe. Et moi, j’attends. J’attends que quelqu’un annonce la fin du vol. Qu’on nous dise que c’est terminé. Que nous allons continuer autrement.

Peu importe comment. Je voulais juste que ça s’arrête.

Mais cette annonce n’est jamais arrivée. À la place… les lumières « attachez vos ceintures » se rallument.

Une annonce invitant les passagers à attacher leur ceinture de sécurité dans un avion

L’équipage prend la parole. Nous allons redécoller. Direction Las Vegas. L’orage s’est déplacé. L’avion a été ravitaillé. Et cette fois-ci, tout devrait bien se passer.

Je ne suis pas rassuré. Pas du tout. Mais je n’ai pas le choix.


L’avion a finalement atterri à Las Vegas. Calmement. Comme si rien ne s’était passé.

Une approche vers Las Vegas de nuit

Mais moi… j’étais différent. Ce vol m’avait bousculé. Pas seulement dans mon siège, mais aussi dans ma tête.

J’étais vivant. Soulagé. Et, d’une certaine manière… profondément admiratif. Je ne saurais pas vous dire exactement pourquoi.

Mais après ce vol, je n’avais plus peur de prendre l’avion. Plus cette boule au ventre. Plus ces scénarios catastrophes à chaque bruit.

Peut-être qu’il m’a fallu traverser tout cela pour comprendre. Pour lâcher prise. Pour faire confiance.

Ce que je sais, en revanche, c’est qu’au milieu des secousses, des détours imprévus et des annonces du cockpit… quelque chose a changé en moi.

Et sans même m’en rendre compte, c’est peut-être à ce moment-là… que mon amour pour l’aviation a vraiment pris son envol.

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